Une formation à l’IA se finance rarement de sa poche. Quatre dispositifs couvrent l’essentiel des situations, et ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes : le CPF appartient à vous, le plan de développement appartient à votre employeur, la transition professionnelle sert à changer de métier, l’AIF s’adresse aux demandeurs d’emploi. Voici ce que chacun paie, à quelle hauteur, et ce qui a changé en 2026.
1. Le CPF : ce qu’il contient et ce qu’il paie
Votre compte se crédite de 500 € par année travaillée, dans la limite de 5 000 €. Le rythme passe à 800 € par an et 8 000 € pour les salariés sans qualification de niveau CAP-BEP, les travailleurs handicapés reconnus, les titulaires d’une rente d’incapacité d’au moins 10 %, d’une pension d’invalidité ou de l’allocation aux adultes handicapés. À temps partiel, le crédit est proportionnel aux heures réellement travaillées.
Deux nouveautés de 2026 pèsent lourd.
- La participation forfaitaire du titulaire est passée à 150 € le 2 avril 2026 (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026), après avoir été indexée à 103,20 € en janvier. Elle est due une fois par dossier, quel que soit le prix de la formation. Vous n’en devez rien si vous êtes demandeur d’emploi, si votre employeur ou un tiers cofinance, ou si vous mobilisez votre compte professionnel de prévention.
- Des plafonds par type de formation s’appliquent automatiquement depuis le 26 février 2026 : 1 500 € pour les certifications du Répertoire spécifique (sauf le certificat CléA, sans plafond), 1 600 € pour un bilan de compétences, 900 € pour le permis B et les catégories légères. Les certifications enregistrées au RNCP, elles, ne sont pas plafonnées.
Conséquence directe pour l’IA : entre deux offres de contenu comparable, l’enregistrement au RNCP plutôt qu’au Répertoire spécifique change le reste à payer du tout au tout. Vérifiez-le avant de vous inscrire : voir Certifications IA reconnues.
2. Salarié : le plan de développement des compétences
C’est l’employeur qui construit ce plan et qui décide. Vous pouvez demander à y entrer, il n’est pas tenu d’accepter. En revanche, quand la formation a lieu, les règles sont nettes :
- Les frais sont à la charge de l’employeur.
- Pendant le temps de travail, la rémunération est maintenue.
- Hors temps de travail, seules les formations non obligatoires sont concernées, dans la limite de 30 heures par an (ou 2 % du forfait annuel) à défaut d’accord collectif, sans maintien de la rémunération, et avec votre accord écrit, que vous pouvez retirer dans les 8 jours.
- Refuser une formation obligatoire peut justifier un licenciement ; refuser une formation non obligatoire, non.
⚠ Lisez votre contrat avant de signer : une clause de dédit-formation peut vous obliger à rembourser tout ou partie du coût si vous démissionnez peu après. Et sachez que l’employeur n’est pas tenu de reconnaître les compétences acquises, sauf engagement contractuel ou conventionnel.
Côté financement, l’entreprise s’appuie sur son opérateur de compétences (OPCO), qui prend en charge tout ou partie des coûts selon la branche et la taille de l’entreprise. C’est la première question à poser au service RH.
3. Changer de métier : le projet de transition professionnelle
Le PTP, géré par les associations Transitions Pro, finance une formation certifiante longue en vue d’un autre métier, et il maintient votre salaire. C’est le dispositif le plus puissant, et le plus encadré.
- Ancienneté, en CDI : au moins 2 années d’activité salariée, consécutives ou non, dont 1 an dans la même entreprise.
- En CDD : 24 mois d’activité salariée au cours des 5 dernières années, dont 4 mois en CDD sur les 12 derniers mois.
- Rémunération : 100 % du salaire moyen de référence si celui-ci ne dépasse pas deux fois le Smic (3 734,04 €) ; au-delà, 90 % la première année ou les 1 200 premières heures, puis 60 %, sans descendre sous ce même plancher.
- Réponse de l’employeur : 30 jours calendaires, et l’absence de réponse vaut acceptation. Il peut reporter le congé de 9 mois au maximum, pas le refuser sur le fond.
- Votre CPF est mobilisé d’office à hauteur du coût pédagogique, et l’organisme doit être certifié Qualiopi.
Si votre projet est de créer une entreprise ou de vous reconvertir en démissionnant, le dispositif démission-reconversion ouvre l’assurance chômage, à condition d’avoir fait valider le projet avant de démissionner. Voir Se reconvertir vers l’IA.
4. Demandeur d’emploi : l’AIF et la POEC
L’aide individuelle à la formation (AIF) de France Travail couvre les frais pédagogiques, en totalité ou en complément d’un autre financement, à deux conditions : la formation doit être validée dans votre projet personnalisé d’accès à l’emploi, et aucun autre financement suffisant ne doit exister. Elle s’obtient sur devis de l’organisme, validé depuis votre espace personnel. C’est une aide discrétionnaire : elle se demande, elle ne se réclame pas.
La POEC (préparation opérationnelle à l’emploi collective) est une formation collective préalable à un recrutement, gratuite pour le participant. France Travail annonce 25 000 places en 2026 sur les secteurs industriels, soit une hausse de 50 % par rapport à 2025.
À noter, dans la même publication : 68 % des chercheurs d’emploi formés avec l’appui de France Travail ont retrouvé un emploi dans les six mois.
5. Les quatre pièges à connaître
- Un abonnement à un outil n’est pas une formation et ne se finance pas sur ces dispositifs.
- Une certification connue n’est pas forcément enregistrée. Ce qui ouvre le CPF, c’est l’enregistrement de l’offre au RNCP ou au Répertoire spécifique, pas la notoriété de l’éditeur.
- Le démarchage CPF est interdit depuis 2022 : un appel ou un SMS qui vous propose d’« utiliser vos droits avant expiration » est une fraude : vos droits n’expirent pas tant que vous êtes en activité.
- Cumulez plutôt que de choisir : CPF + abondement employeur, ou CPF + AIF, permettent d’atteindre des formations que le seul crédit CPF ne couvre pas, et l’abondement employeur vous dispense en prime de la participation de 150 €.
Voir aussi
Sources
- Service-public.fr : Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé
- Mon Compte Formation : De nouvelles règles pour mobiliser votre CPF, plafonds applicables depuis le 26 février 2026
- Centre Inffo : CPF : hausse du montant de la participation forfaitaire du titulaire, décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, JO du 1 avril 2026
- Service-public.fr : Plan de développement des compétences d’un salarié du secteur privé
- Service-public.fr : Projet de transition professionnelle (PTP)
- France Travail : L’aide individuelle à la formation (AIF)
- France Travail : CPF, AIF, POEC : quel financement de formation choisir en 2026 ?, 11 mai 2026
- Transitions Pro : Foire aux questions